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Contrôle judiciaire : l'interdiction d'entrer en contact et ses risques

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Votre ordonnance de placement sous contrôle judiciaire vous interdit d'entrer en contact avec la victime, un témoin ou un co-mis en cause, et vous vous demandez ce que recouvre exactement cette obligation, ou ce que vous risquez si la personne protégée reprend elle-même contact ? L'interdiction d'entrer en contact est l'obligation dont la violation conduit le plus souvent en détention provisoire. Maître Paul Bru, avocat pénaliste à Toulouse, défend les personnes placées sous contrôle judiciaire, à Toulouse et partout en France.

Silhouette derrière des stores : l'interdiction d'entrer en contact tient la personne protégée à distance

Interdiction d'entrer en contact sous contrôle judiciaire : que faire dès la notification ?

Dès la notification de l'ordonnance, l'intéressé doit identifier chaque personne visée, bloquer tout canal de communication avec elle et prévenir ses proches qu'aucun message ne doit transiter par eux. Un message envoyé pour s'expliquer, s'excuser ou régler une question pratique est une violation de l'interdiction, quelle qu'en soit l'intention.

Le cabinet de Maître Paul Bru peut intervenir dès le débat devant le juge pour discuter l'étendue de l'interdiction, puis pour solliciter son aménagement lorsqu'elle empêche d'exercer un droit de visite, de régler une séparation ou de poursuivre une activité professionnelle. L'assistance d'un avocat pénaliste est aussi déterminante lorsqu'une violation est reprochée, afin d'éviter la détention provisoire. Toute difficulté se traite par une demande à adresser au magistrat, non en cherchant à contacter la personne protégée.

Que recouvre l'interdiction d'entrer en contact avec certaines personnes ?

En droit pénal, le contrôle judiciaire est une mesure de sûreté, alternative à la détention provisoire, dont les obligations sont imposées par une ordonnance du juge d'instruction ou du juge des libertés et de la détention. Parmi les obligations que ce cadre juridique permet de prévoir, l'article 138 du Code de procédure pénale autorise le juge à imposer à la personne mise en examen ou au prévenu de s'abstenir de recevoir ou de rencontrer certaines personnes spécialement désignées, ainsi que d'entrer en relation avec elles, de quelque façon que ce soit. Cette obligation vise à protéger la victime et les témoins, à prévenir toute pression sur les victimes, à garantir le bon déroulement de la procédure et à prévenir la récidive ; elle figure dans la quasi-totalité des ordonnances rendues en matière de violences conjugales ou intrafamiliales, souvent avec l'interdiction de détenir des armes.

Victime, témoins, co-mis en cause : les personnes désignées par l'ordonnance

Les interdictions de contact ne visent que les personnes nommément désignées dans la décision : la victime, un ou plusieurs témoins, les autres personnes mises en cause dans la même affaire. Les proches de la victime ne sont pas concernés, sauf s'ils sont eux-mêmes désignés. Une personne non visée reste donc libre de communiquer avec le mis en cause, mais celui-ci ne doit pas contourner l'interdiction en faisant transmettre un message par elle.

Contact direct, indirect, SMS et réseaux sociaux : tout est interdit

Entrer en relation « de quelque façon que ce soit » couvre la rencontre physique, l'appel téléphonique, le SMS, le courrier, le message sur un réseau social, le commentaire sous une publication, le cadeau déposé et le message transmis par un tiers. Répondre à un message reçu est un contact au même titre que l'initiative. Tous ces échanges sont interdits, même brefs, même courtois, même sollicités par la personne protégée ; la personne sous contrôle judiciaire doit s'en abstenir et conserver la preuve des messages qu'elle reçoit sans y répondre.

Violences conjugales : interdiction de contact, domicile et enfants

En cas d'infraction commise contre le conjoint, le concubin ou le partenaire, ou contre les enfants, le juge peut ajouter à l'interdiction de contact l'obligation de résider hors du domicile du couple et de ne pas paraître à ses abords, et le port d'un bracelet anti-rapprochement. La garde à vue pour violences conjugales débouche ainsi fréquemment sur un placement sous contrôle judiciaire assorti de ces obligations, que la juridiction de jugement peut maintenir au moment où le prévenu comparaît.

La question des enfants est la plus délicate. L'interdiction de contact avec le conjoint ne supprime pas l'autorité parentale, mais elle rend impossible toute organisation directe de la garde ou du droit de visite. Les échanges concernant les enfants passent alors par les avocats, par un tiers de confiance désigné d'un commun accord ou par le juge aux affaires familiales, et la personne sous contrôle judiciaire peut solliciter du magistrat une modification de la mesure encadrant ces échanges. Un appel « uniquement pour les enfants » reste un contact interdit tant que l'ordonnance n'a pas été modifiée.

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Que se passe-t-il si la victime reprend contact avec la personne sous contrôle judiciaire ?

L'interdiction d'entrer en contact est une obligation imposée à la personne mise en cause, et à elle seule. La victime qui envoie un message, appelle ou se présente au domicile ne viole aucune obligation du contrôle judiciaire et n'encourt rien à ce titre. En revanche, la personne sous contrôle judiciaire qui répond, accepte la rencontre ou poursuit la conversation commet un non-respect des obligations qui lui sont imposées, même si l'initiative ne vient pas d'elle. Le magistrat saisi d'un signalement n'a pas à rechercher qui a commencé.

Dans cette situation, la personne sous contrôle judiciaire s'abstient de répondre, conserve les messages et les appels reçus et en informe son avocat. Ces éléments permettent, si la victime signale ensuite un contact, d'établir que l'initiative ne venait pas du mis en cause. Lorsque le couple souhaite reprendre la vie commune ou organiser une médiation, la seule voie régulière est une demande de modification adressée au juge, qui appréciera, après avis du procureur de la République, si la protection de la victime reste nécessaire ou si l'obligation peut être levée.

Quelles sanctions en cas de violation de l'interdiction de contact ?

La violation de l'interdiction de contact est le manquement que les juges sanctionnent le plus sévèrement, parce qu'elle touche directement à la protection des victimes et des témoins. En application de l'article 141-2 du Code de procédure pénale, le juge d'instruction peut décerner un mandat d'arrêt ou d'amener, et le juge des libertés et de la détention, saisi par le procureur de la République ou par le juge d'instruction, peut prononcer la révocation du contrôle judiciaire et le placement en détention provisoire, quelle que soit la peine d'emprisonnement encourue. L'article 141-4 du Code de procédure pénale autorise par ailleurs les services de police et de gendarmerie à appréhender et retenir la personne soupçonnée d'avoir violé une interdiction de contact, avant sa présentation au magistrat.

Le manquement lui-même n'est pas, en tant que tel, une infraction distincte lorsque l'interdiction résulte d'un contrôle judiciaire ; la sanction est la révocation de la mesure. Mais le comportement adopté lors du contact peut constituer une infraction pénale, par exemple des menaces, un harcèlement ou une pression exercée sur un témoin, et il sera en tout état de cause retenu par la juridiction de jugement à l'audience. Les règles communes à tous les manquements, et la manière de se défendre devant le juge, sont détaillées dans l'analyse du non-respect du contrôle judiciaire.

Peut-on solliciter la modification de l'interdiction de contact ?

Oui. Comme toute obligation, l'interdiction de contact prévue par le contrôle judiciaire peut être modifiée, limitée ou supprimée par le juge à tout moment, d'office ou sur demande de la personne mise en cause. La demande, écrite et motivée, est adressée au juge d'instruction ou, hors instruction, au juge des libertés et de la détention ou à la juridiction de jugement saisie. Elle doit exposer un changement de situation ou un besoin précis : organisation des relations avec les enfants, procédure de divorce ou de séparation, activité professionnelle partagée, démarches administratives communes. La durée maximale de l'obligation n'est pas fixée par la loi : elle suit la mesure, sauf décision du juge de la supprimer plus tôt.

Avec l'accompagnement d'un avocat pénaliste, la demande se construit autour d'une solution concrète proposée au magistrat : échanges limités à un objet déterminé, contact par l'intermédiaire d'un tiers, créneaux et canaux définis. Une demande qui se borne à affirmer que la victime est d'accord a peu de chances d'aboutir : le juge vérifie que la protection n'est plus nécessaire, pas que les parties se sont réconciliées. La procédure et les recours en cas de refus sont présentés dans l'analyse de la demande de modification du contrôle judiciaire, et le cadre général de la mesure dans la présentation du contrôle judiciaire. Si la mesure est révoquée, la contestation se poursuit par une demande de mise en liberté devant les juridictions compétentes en matière de détention provisoire.

Questions fréquentes

En quoi consiste une interdiction de contact dans le cadre d'un contrôle judiciaire ?

C'est l'obligation de s'abstenir de recevoir, de rencontrer et d'entrer en relation, de quelque façon que ce soit, avec les personnes désignées par le juge : victime, témoins ou co-mis en cause. Elle couvre les contacts directs et indirects, par téléphone, message, courrier ou réseaux sociaux.

La victime risque-t-elle une sanction si elle contacte la personne sous contrôle judiciaire ?

Non, l'interdiction ne lie que la personne mise en cause. En revanche, celle-ci commet une violation si elle répond ou accepte la rencontre. Elle doit s'abstenir, conserver les messages reçus et en informer son avocat.

Que se passe-t-il si quelqu'un sous contrôle judiciaire ne respecte pas l'interdiction de contact ?

Le juge peut révoquer la mesure et ordonner un placement en détention provisoire, quelle que soit la peine encourue. Les enquêteurs peuvent appréhender la personne avant sa présentation au juge, et le comportement adopté lors du contact peut constituer une infraction distincte.

Un contact au sujet des enfants est-il interdit sous contrôle judiciaire ?

Oui, tant que l'ordonnance n'a pas été modifiée. Les échanges concernant les enfants passent par les avocats, un tiers désigné ou le juge aux affaires familiales. Une demande de modification peut être adressée au juge pour encadrer ces échanges.

Que dit l'article 140 du Code de procédure pénale sur la mainlevée du contrôle judiciaire ?

Il permet au juge d'instruction d'ordonner à tout moment la mainlevée du contrôle judiciaire, d'office, sur réquisitions du procureur de la République ou à la demande de la personne concernée. La même logique s'applique à la modification d'une seule obligation, comme l'interdiction de contact.

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